L’IA pour l’impact, comment on se lance ? L’exemple d’AssoConnect

Face à l’IA, on a parfois l’impression de se retrouver dans une pharmacie sans pharmacien. Les solutions sont nombreuses et les promesses alléchantes… mais difficile de savoir si la solution qu’on pensait miraculeuse ne sera pas plutôt vaine voire nocive.

Pour y voir plus clair, on a échangé avec Antoine Ortiz et Florian Baron, respectivement responsable du contenu, et Business Operations Manager chez AssoConnect. Ils ne se présentent pas comme experts en IA, et c’est peut-être ce qui rend leur approche précieuse. Leur conseil est simple : tester, douter, ajuster.

La fine équipe !

Expérimenter avant d’adopter : la méthode d’AssoConnect

AssoConnect, c’est cet outil en ligne qui facilite la vie de milliers d’assos, en automatisant les tâches chronophages pour les associations (comptabilité, gestion des cotisations, etc). Leur objectif est clair : alléger le quotidien des structures associatives et permettre aux équipes de se recentrer sur leur mission. Depuis peu, AssoConnect explore ce que l’IA peut leur apporter en interne, avant de chercher à en faire bénéficier les associations. en internee chercher à en faire bénéficier les associations On t’explique tout.

Etape 0 : Mettre le pied à l’étrier

Avant même de se lancer dans des outils avancés, les équipes d’AssoConnect ont commencé par tester ChatGPT, via un compte Pro. Une "étape 0" essentielle pour se familiariser avec les grands modèles de langage pour comprendre ce qu’ils font bien ou moins bien, comment bien construire un prompt, et surtout, prendre du recul sur les résultats. Bref : commencer par faire simple, avec un outil que tout le monde connaît.

Etape 1 : identifier l’IA à tester

Difficile de savoir à l’avance ce que l’IA peut vraiment apporter à une organisation. AssoConnect a donc choisi de tester des outils sans idée préconçue, et c’est par le bouche-à-oreille que leurs équipes ont découvert Dust, un outil permettant de créer ses propres agents IA, connectés à son écosystème (Slack, Notion, Google Drive…) et à plusieurs modèles (GPT-4, Claude, Mistral…)et c’est par le bouche-à-oreille que leurs équipes ont découvert DUST. L’outil permet de créer ses propres agents IA, et de les connecter à l’écosystème de l’organisation (Slack, Notion, Google Drive) tout en choissant le modèle pour chaque requête (GPT-4, Claude, Mistral, Gemini…)

Etape 2 : Mieux vaut 8 curieux que 80 perdusMieux vaut 8 curieux de 80 perdus Pas question de lancer un déploiement massif. Une équipe de 8 volontaires a commencé par testera commencé à tester Dust à petite échelleDust. Chacun avec ses usages : Florian pour l’analyse de bases de données ou la reformulation de contenu ; Antoine pour générer des descriptions de vidéos YouTube. À raison de 29 euros par utilisateur et par mois, l’approche permet de limiter les coûts de licence lors des premiers tests.

Etape 3 : Comment savoir si l’IA fait vraiment le job ?Comment savoir si l’IA fait bien le job ? Chaque volontaire évalue les réponses via un système de "pouce vers le haut/pouce vers le bas", ce qui permet de remonter des statistiques de fiabilité à l’échelle de l’équipe. En plus de cette démarche, l’équipe se réunit toutes les deux semaines pour échanger sur les cas d’usage, les limites, et les nouveautés.Chaque volontaire évalue les réponses de Dust via un système de “pouce vers le haut / pouce vers le bas” directement sur l’interface, ce qui permet de remonter des statistiques à l’échelle de l’équipe. En plus de cette démarche, l’équipe se réunit toutes les deux semaines pour échanger sur les cas d’usages, les limites, et les nouveautés.

Et la sécurité dans tout ça ? Ce qu’on partage… et ce qu’on garde pour nous

Même si Dust respecte la confidentialité des données sur le papier, AssoConnect reste vigilantMême si Dust respecte la confidentialité sur le papier, AssoConnect reste vigilant. Florian évite d’y injecter des données sensibles. Pour certaines requêtes, il privilégie Patagonia AI, une application macOSmac qui permet de faire tourner des modèles IA directement sur son ordinateur.. Les modèles sont plus lents et limités, mais les données ne sont pas envoyées sur des serveurs à l’étranger.

À terme, l’équipe d’AssoConnect réfléchit même à héberger des modèles open-source sur ses propres serveurs : pour une maîtrise totale de la chaîne de données.

Finalement, se lancer dans l’usage de l’IA, c’est comme intégrer un nouveau collègue : il faut le former, le tester, l’encadrer… avant de lui faire confiance. Pas d’outil miracle, mais des usages précis, à construire pas à pas. Avec le temps, la curiosité et les bons ajustements, l’IA peut devenir un levier, à condition de bien choisir ses outils, et de ne jamais perdre de vue sa missionDepuis ses premiers tests, AssoConnect voit désormais Dust comme un outil interne, utile pour retrouver rapidement la bonne information et automatiser des analyses. En parallèle, chaque équipe s’empare d’outils spécifiques à ses besoins, comme ProductBoard pour l’analyse des retours lcients. Face à l’abondance des solutions, AssoConnect a fait une croix sur l’outil miracle. Le véritable défi, aujourd’hui, c’est de trouver le bon équilibre pour limiter le nombre d’outils tout en couvrant la majorité des cas d’usage.

L’IA, au service des associations

Depuis ses débuts, AssoConnect conçoit des outils pour simplifier la gestion associative. Fidèle à cette philosophie, l’organisation met aujourd’hui l’IA au service de ses utilisateurs.

Une IA accessible au plus grand nombre

1000 documents générés automatiquement chaque mois : c’est l’impact concret de l’outil de rédaction des procès-verbaux d’assemblée générale déployé par AssoConnect. Cette solution permet aux associations d’utiliser l’IA sur une tâche à faible valeur ajoutée, qui est pourtant incontournable à leur fonctionnement.

En parallèle, les équipes d’AssoConnect proposent également un outil qui permet de simplifier la création des associations en générant gratuitement et en quelques clics ses statuts.

En bref : 2 solutions destinées à épauler les associations dans leur gestion administrative.

La méthode d’AssoConnect pour développer un projet d’IA

Prenons l’exemple de l’outil de génération des statuts associatifs, développé avec de l’IA. Ce projet, mené par Florian, a demandé plusieurs semaines de travail. Générer des statuts conformes à la loi de 1901 représentait un véritable défi technique et juridique. AssoConnect a donc mis les moyens pour lister les critères légaux à respecter, tester l’algorithme en conditions réelles, et le superviser de façon renforcée pour identifier les zones grises dans l’algorithme.

L’automatisation n’a été déployée qu’une fois l’ensemble du processus parfaitement maîtrisé. Côté outils, l’équipe s’est appuyée sur Retool pour construire l’interface, et sur WorkflowAI pour comparer et sélectionner les modèles les plus adaptés à chaque tâche. Une méthodologie précise entre efficacité technique et rigueur juridique.

Aujourd’hui encore, les expérimentations se poursuivent. Pour AssoConnect, l’IA n’est pas un outil magique, mais un collègue en formation : il faut l’accompagner, l’encadrer avant de pouvoir lui faire confiance. L’enjeu ? Savoir déléguer sans jamais perdre le contrôle.

Chez Share it, on aime particulièrement l’approche d’AssoConnect : une IA pensée, non comme une finalité, mais comme un levier pragmatique au service de l’impact.

Tu souhaites découvrir d'autres cas d'usage autour de l'IA ? Découvre les anciens articles du programme IA for Good en cliquant sur ce lien.

Tu as toi-même expérimenté des outils IA dans ton organisation ? N'hésite pas à nous contacter via l'adresse contact@share-it.io : ton expérience nous intéresse !